Le mémorial international de Notre-Dame-de-Lorette : l’Anneau de la mémoire
En complément de la plus grande nécropole nationale bâtie en 1925 sur la colline Notre-Dame de Lorette - site de commémoration majeur dès le sortir de la Grande Guerre pour sa position dominante sur la plaine, lieu d’effroyables combats - l’Anneau de la mémoire, un siècle après l’armistice, donne une forme à la fraternité, une expression à la paix.
Lucas Monsaingeon, Chef de projet
C&E Ingénierie, BET Structure
David Besson-Girard, Paysagiste
Yann Toma, Mise en lumière
BMF, Économiste
BET Louis Choulet, BET Fluides
Luc Boegly
Pascal Rossignol Reuters
Howard Kingsnorth
Karine Warny
Philippe Frutier
De manière intuitive, le sens et l’objet du lieu se révèlent aux visiteurs à leur arrivée : le public emprunte un chemin sous forme de saignée dans la terre, telle une tranchée dont les parois latérales laissent voir les strates géologiques du sol.
Orienté d’un côté vers l’entrée de la Nécropole, de l’autre vers la plaine d’Artois, là où se déroulèrent les combats, l’Anneau inscrit la mémoire des morts dans l’espace, et célèbre la paix retrouvée. Alors que la nature a repris ses droits, l’immense ouvrage à l’échelle du paysage fait à la fois bruisser le site en réveillant la mémoire de ses terribles heures et apporte l’apaisement. Par son horizontalité, il est un signe d’équilibre qui répond à la verticalité de la tour-lanterne de la Nécropole.
L’Anneau de la mémoire est un geste politique. Contre le repli, il propose l’unité, la fraternité et la solidarité entre les peuples, voulant que soit dépassée l’horreur pour fonder un avenir pacifique. Sa géométrie inspire une ronde formée par les ennemis d’hier - 600 000 combattants morts sur les champs de bataille du Nord-Pas-de-Calais. Leurs noms sont inscrits sur les parois et se succèdent par ordre alphabétique, sans distinction de nationalité, grade ou religion. Et du fait de la forme circulaire, infrangible, les combattants se tiennent par la main pour l’éternité.
De plus de 345 mètres de périmètre, l’Anneau de la mémoire est un ouvrage d’art dans tous les sensdu terme : un défi technique en même temps qu’une œuvremonumentale qui allie l’art et la nature. Ancré dans le sol sur les deux tiers de son périmètre,le volume s’en détache en un porte-à-faux lorsque la déclivité du terrain s’accentue. En s’élançant ainsi à l’assaut de l’horizon, il crée entre lui et le sol de la colline un vide indéterminé, comme un temps suspendu qui est là pour nous rappeler que la paix demeure toujours fragile. Mais l’emploi d’un matériau alors tout nouveau – le béton de fibres à hautes performances – qui a rendu possible cette réalisation, permet aussi à cet immense symbole de la paix de défier le temps.