Bassins à flots
Sur une parcelle bénéficiant d’une grande visibilité dans le nouveau quartier des Bassins à flot, l’atelier a réalisé une opération de quelques deux cents logements répartis en quatre bâtiments, dont deux neufs et deux réhabilités. Cette mixité d’époques crée une séquence urbaine qui à la fois réactive la mémoire industrielle et injecte la contemporanéité.
Nabil Guettal, Chef de projet
Raphaël Guillemette, Assistant de projet
AIA, Structure
BE Vivien, Thermique et fluides
ABAC, VRD
Dauchez Payet, HQE et NF
Emacoustic, Acoustique
Sabine Haristoy, Paysagiste
îlot B2 – 102 studios étudiants en réhabilitation
îlots B1 / B3 / B4 – 107 logements dont 32 en réhabilitation 75 en neuf
Bordeaux, bassins à flot, programme emblème (2013-2021)
Afin d’accueillir des navires de plus en plus nombreux et volumineux, la création en 1882, sur d’anciens marécages bordant la Garonne, d’un premier bassin à flot suivi d’un second au début du XXème siècle avait donné naissance à un paysage d’écluses, d’estacades, de formes de radoub, de hangars et d’usines diverses. Après avoir été laissé longtemps à l’état de friche avec le déclin de l’industrie, le site se transforme depuis 2009 en un nouveau quartier, dit des Bassins à flot. Son aménagement suit la ligne directrice du projet urbain d’Anma de préserver la mémoire industrielle des lieux.
Ouvrant sur le quai du Sénégal et marquant, face à l’écluse, l’entrée dans le nouveau quartier, les quelques deux-cent logements sont installés dans quatre bâtiments : deux anciens hangars réhabilités des usines Lesieur et deux bâtiments neufs.
Le premier hangar, dont il ne subsistait que la charpente métallique et un fragment de façade, a été enveloppé d’une vêture blanche en tôle perforée et requalifié en lofts et duplex. Le second hangar, qui présente une structure à pan de fer avec remplissage en briques plâtrières et de grands châssis vitrés, a été restauré. Réalisée à la manière d’une extrusion volumétrique, son extension en béton, de teinte rouge brique, contient un foyer de jeunes travailleurs d’une centaine de logements avec espaces communs.
Formant avec ces anciens hangars réhabilités une même séquence urbaine au rythme régulier, deux nouveaux bâtiments ont été réalisés en continuité, reliés par un socle commun. Celui-ci contient un parking semi-enterré dont la toiture forme un jardin suspendu. Par leur volumétrie et leur toiture reprenant la forme des sheds, ces immeubles neufs réinterprètent librement l’architecture industrielle. La matérialité de leurs façades - briques brunes pour l’un, enduit blanc pour le second – dialogue avec celle des deux anciens hangars réhabilités, briques plâtrières et tôle perforée blanche. L’ensemble compose un tableau vivant, illustratif de l’histoire du quartier et de son renouveau.