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Mémorial national des victimes de l’esclavage

Situé dans les jardins du Trocadéro, le Mémorial national des victimes de l’esclavage prend la forme d’un jardin mémoriel offrant deux chemins, celui de l’Histoire et celui des Noms. Le parti paysager, architectural et typographique propose un geste artistique, poétique et conceptuel. Il décline le thème de la source aux sens humain, géographique, historique.

Programme
Création dans un jardin existant
Maîtrise d’ouvrage
Ministère des Outre-mer – OPPIC (MOA déléguée)
Architecte mandataire
Philippe Prost / AAPP
Lucas Monsaingeon, Directeur de projet
Léa Malga, chargée de projet
Maîtrise d’œuvre
Michel Desvigne Paysagiste, Paysagiste
Les Eclaireurs, Conception lumière
Pierre di Sciullio, Signalétique
Labeyrie et Associés, Sonorisation - Design sonore
Surface
Environ 100 hectares
Coût
2,3 M€ HT
Statut
Études

Vestige de l’Exposition universelle de 1878, la rivière artificielle est le fil conducteur du projet de jardin mémoriel. L’eau jaillit symboliquement sous la forme d’une source, d’espoir et de vie, évocatrice du rapport au lointain, aux océans et à la mer. Le jardin intime et foisonnant se déploie à partir de ce cours d’eau requalifié, révélant une géographie amplifiée. L’amplification est exprimée par la miniaturisation d’un paysage inspiré de la géographie fluviale, lits et boucles d’un cours d’eau exprimant la liberté.

Depuis les allées principales, le message à la nation marque les seuils d’accès et donne les clés d’interprétation du mémorial. Puis, un faisceau de chemins forment une double boucle : le chemin des Noms et le chemin de l’Histoire.

Le chemin de l’Histoire est ponctué de panneaux d’information restituant le contexte tandis qu’un ensemble de destinations sont finement intégrées au relief et aux éléments préexistants du site.

Le chemin des Noms rend visibles les invisibles, par inscription des 215 000 noms des esclaves affranchis de Martinique, Guadeloupe, Saint-Martin, Guyane et de La Réunion sur des panneaux de pierre de lave émaillée, disposés dans des «coulées» volcaniques.

Un vaste espace de recueillement est aménagé́ au cœur du jardin mémoriel avec quatre monolithes en lave naturelle brute, qui rappellent la mémoire des quatre millions de victimes dont les noms ne nous sont pas parvenus. D’autres panneaux rappellent les territoires qui n’ont pas été concernés par l’abolition de 1848 : Saint-Louis et Gorée, Haïti, Saint-Barthélémy et Mayotte. 

L’ensemble du dispositif architectural et paysage repose sur un dispositif léger, qui s’appuie sur le déjà-là, se contentant de rajouter une strate légère, en minimisant les déblais et terrassements, et en recourant autant que possible à la préfabrication et à des matériaux et processus éprouvés.