Plan de Valorisation de l’Architecture et du Patrimoine
Reims, la cité antique Durocortorum puis celle du Sacre des rois de France, nous permet de contempler plus de 2000 ans d’histoire à travers les rues de son centre-ville : il en était presqu’étonnant qu’elle n’ait pas encore eu son Plan de Valorisation de l’Architecture et du Patrimoine. Réalisé par l’atelier, il est en vigueur depuis 2025.
Julie Charrier, Cheffe de projet
Jean pierre Seran, chef de projet
Atelier DF, paysage et biodiversité
Lichen, BET environnement
Reims possède un patrimoine exceptionnel, protégé à divers titre (Monuments Historiques, patrimoine mondiale de l’Unesco labels Architecture contemporaine Remarquable, Ville d’art et d’histoire). Le périmètre du Site Patrimoniale Remarquable du centre-ville de Reims ayant été créé 2020, l’atelier a été missionné en 2022 pour réaliser le Plan de Valorisation de l’Architecture et du Patrimoine (PVAP) Il comprend l’inventaire d’environ 3800 parcelles cadastrales réparties sur 186 îlots, visités sur 18 mois, le rapport de présentation, le plan, le règlement et les annexes.
Cet important travail de terrain a été doublé d’un travail de cartographie (SIG) avec la création d’une base de données géolocalisées (période, datation, nom de l’architecte, estimation stylistique, etc.) enrichissable et évolutive.
Le diagnostic architectural, urbain et paysage a mis en évidence le rôle amplificateur du plan Ford de 1920 sur l’effet de mise en scène urbaine qui préexistait dans le centre-ville.
Appliqué à la reconstruction de la ville bombardée à 60% lors de la première guerre mondiale, le projet urbain de l’architecte-urbaniste américain George Burdett Ford avait permis durant les années 20-30 une production architecturale éclectique. Tel un musée d’architecture grandeur nature, étaient apparus des bâtiments historicistes, régionalistes, néo-haussmanniens, Art déco, néo-Art Nouveau, modernistes dont certains avec l’esthétique du béton apparent.
Le diagnostic a permis de mettre en évidence le patrimoine de la deuxième moitié du 19e siècle, qui n’a pas été détruit lors des deux guerres mondiales ainsi que celui de l’après-guerre jusqu’aux années 1990.
L’étude a été aussi l’occasion d’une mise à jour de la connaissance des espaces boisés classés, des parcs et jardins publics et privés, dont certains découverts, et de plusieurs centaines d’arbres : un patrimoine paysager jusqu’alors pas ou peu connu.